Dehors, l'océan gronde contre l'hiver, après avoir hurlé sur l'automne. Toi, moi, assis devant la cheminée, dans la lueur douce et reposante d'une lampe tempête. L'odeur sucrée d'une tisane se mêle à celle, âcre, d'un café fort. Monsieur Chat daigne enfin venir sur mes genoux, comprenant que je ne lui volerai pas l'amour inconsidéré de son seigneur et maître. Il semble même apprécier ma main qui passe et repasse sur son dos.
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Le bois dans la cheminée chante et crache. Le vent siffle sous la porte, couvrant nos phrases murmurées. Je vois dans tes yeux que ce vent de tempête t'en rappelle d'autres. Je n'aime pas ton regard perdu vers d'autres ailleurs, vers les pays des souvenirs tristes. Les korrigans, les fées, le monde du petit peuple font la sarabande sur la lande. Des perles de pluie coulent sur tes joues.
Je prends mon panier à contes, pour t'emmener vers d'autres chemins, vers des rêves de sérénité. Mes histoires ont ramené la paix sur ton visage. Nous sommes si bien toi et moi. Nous communions en silence. Nul besoin de mots, nous nous comprenons d'un geste à peine esquissé.
Texte et voix de Maud Miran - Photos Maud Miran & Dan

Dehors l'océan gronde contre l'hiver. Tu te lèves, m'attires vers toi. Tu enlèves l'écharpe d'autour de mon cou. Je m'amuse, timide, de te voir ainsi devant moi. Tu n'es ni beau, ni laid. Les ombres dansent sur tes joues mal rasées. Tes lunettes sur ton nez, tu me regardes par dessus les verres. Tu me souris, apprivoisant mes craintes.
Nous voilà en éclats de rire, une telle complicité nous lie ! Je sais que l'amour avec toi sera gai, plein de passion, de mots chuchotés, de sourires- éclats- de- rire . Partons là bas, je te suis. Tes folies, mes folies embellissent la pièce simple et confortable. Qu'il fait bon vivre les amours, qu'il fait bon aimer. Un printemps à l'automne de nos vies. Nos vingt ans à revivre, avec nos expériences acquises.

Tu es là, à côté de moi. Tu n'es ni beau, ni laid. Je suis bien, ma tête contre ton épaule. Tes lunettes, tu ne les as plus, pas besoin pour aimer. Les miennes reposent près des tiennes. Mon écharpe attend sur le sol que je la reprenne. Prolonger encore et encore ce moment où nous nous sommes donnés toi et moi, moi et toi !
Dehors le vent s'est apaisé, les korrigans, les fées et le peuple du petit monde ont regagné les pages des livres d'histoires.
Un rayon de soleil joue sur les couvertures, un chant d'oiseau vibre dans le silence du matin. Je me réveille. Je suis seule dans mon lit !
Il est permis de rêver, mais si un jour l'imaginaire rejoint la réalité .............. je ne vous dirai point !
